Conférence de Mgr Guido MARINI, maître des cérémonies papales sur le chant liturgique et le vrai sens de participation (extraits)
Il faut encore poser une autre question: sommes-nous vraiment certains que pour obtenir une « participation active » il faille faire en sorte que tout soit immédiatement compréhensible ? L’entrée dans le mystère de Dieu ne se fait-il pas aussi à l’aide de ce qui touche le coeur ? Trop souvent, nous donnons une place démesurée à la parole et nous oublions que le langage de la liturgie est aussi fait de silences, d’images, de symboles, de gestes... Ces diverses facettes du langage liturgique, auquel il faut ajouter la langue latine, le chant grégorien et la polyphonie sacré, conduisent au centre du mystère et permettent la véritable participation. (…)

Permettez-moi de faire une brève réflexion qui orientera mon propos: demandons-nous pourquoi l’Eglise, dans ses documents plus ou moins récents, souligne qu’il existe un certain type de musique et de chant plus particulièrement adapté à la célébration liturgique. Déjà à l’époque du Concile de Trente, l’Eglise était intervenue dans les querelles entre artistes pour affirmer qu’en matière de chant, l’union entre parole et musique devait être une priorité, que l’utilisation d’instruments devait être limitée, et qu’il fallait savoir faire la différence entre la musique sacrée et la musique profane. En fait, la musique sacrée ne peut pas se limiter à n’être qu’une expression subjective: la forme que doit avoir le chant liturgique est ancrée dans la Bible et dans la tradition de l’Eglise. (…)
Alors pourquoi cette insistance de l’Eglise sur les caractéristiques de la musique et du chant liturgique? Pourquoi vouloir que le chant et la musique attribués à la liturgie demeurent distincts de toute autre forme musicale? Pourquoi le chant grégorien et la polyphonie sacrée devraient-ils demeurer les seuls modèles de la musique liturgique, même populaire? La réponse à ces questions se trouve exactement dans ce que nous avons essayé de dire à propos de l’esprit de la liturgie. Ces formes musicales sont, en raison de leur sainteté, de leur la beauté et de leur universalité, la traduction en mélodies et en chants du véritable esprit de la liturgie: elles introduisent à l’adoration du mystère célébré et permettent de ce fait une participation véritable, pleine et fructueuse à l’action de Dieu dans et par le Christ. Elles introduisent dans la vie de l’Eglise et, par là, dans la contemplation du mystère. (le 24 novembre 2009)
