Lors de l’Angélus de 31 décembre 1995, le Pape Jean-Paul II a attribué publiquement à la Vierge Marie le titre de Regina Familiae (Reine de la Famille), et il a ainsi enrichi les litanies de la Sainte Vierge avec cette nouvelle invocation.
Ainsi s’exprimait le Pape:
«Marie Reine de la famille» titre avec lequel nous pourrons dès maintenant l'invoquer dans les Litanies Lauretane, qu'elle aide les familles des croyants à répondre fidèlement toujours à leur vocation de façon qu’ils puissent être des authentiques « églises domestiques ».
Ainsi le Pape montrait la Vierge Marie comme l’Étoile pour guider nos familles, qu’il nous faillait l’invoquer incessamment pour éviter le naufrage qui se montrait inévitable. En effet, ce n’est pas d’aujourd’hui que nos familles souffrent les assauts de l’ennemi. Depuis les origines, le démon est en action pour essayer de faire déchoir l’œuvre de Dieu. D’abord, l’ennemi a réussi à briser la communion de nos premiers parents avec Dieu par le péché. Et ensuite il a pu briser la communion de la famille en elle-même, par le fratricide d’Abel par Caïn. Et la chute de l’humanité n’a pas arrêtée : ainsi l’adultère, le divorce, la contraception, l’avortement, etc. Ce mouvement de chute, déclenché par l’impulse du démon, se prolonge jusqu'à nos jours, et cela avec l’aide de ce qu’on appelle « le monde », c’est-à-dire, de ces gens qui se font les instruments du « mystère d’iniquité », en niant tout ce qui est sacré, et refusant la loi de Dieu. Et le pire est de voir ces vrais agents du mal en tête des institutions, utilisant de façon sacrilège pour le mal un pouvoir qui les a été donné pour le bien de toute la société. Mais ces gens là devront rendre compte à Dieu de leur administration… quant à nous, il nous faut être fermes dans la profession de vraie Foi, avec toute ses implications morales. Il nous faut témoigner, en publique si nécessaire, mais aussi en privé, pour ne pas tomber dans le scandale de l’hypocrisie. Mais surtout il nous faut prier, car en dernière analyse « nous n’avons pas a lutter contre la chair et le sang (c’est-à-dire contre les hommes) mais contre les Principautés, contre les Puissances, contre les Souverains de ce monde ténébreux, contre les esprits mauvais qui sont dans les airs (Éphésiens VI, 12)».
En plein combat pour la famille, faisons donc l’effort de multiplier nos invocations à Notre-Dame. Prions le chapelet quotidiennement, avec les litanies de la Vierge pour que dans cette lutte contre les forces adverses, Elle puisse venir en notre secours et écraser une fois de plus la tête de Satan.
Conférence de Mgr Guido MARINI, maître des cérémonies papales sur le chant liturgique et le vrai sens de participation (extraits)
Il faut encore poser une autre question: sommes-nous vraiment certains que pour obtenir une « participation active » il faille faire en sorte que tout soit immédiatement compréhensible ? L’entrée dans le mystère de Dieu ne se fait-il pas aussi à l’aide de ce qui touche le coeur ? Trop souvent, nous donnons une place démesurée à la parole et nous oublions que le langage de la liturgie est aussi fait de silences, d’images, de symboles, de gestes... Ces diverses facettes du langage liturgique, auquel il faut ajouter la langue latine, le chant grégorien et la polyphonie sacré, conduisent au centre du mystère et permettent la véritable participation. (…)

Permettez-moi de faire une brève réflexion qui orientera mon propos: demandons-nous pourquoi l’Eglise, dans ses documents plus ou moins récents, souligne qu’il existe un certain type de musique et de chant plus particulièrement adapté à la célébration liturgique. Déjà à l’époque du Concile de Trente, l’Eglise était intervenue dans les querelles entre artistes pour affirmer qu’en matière de chant, l’union entre parole et musique devait être une priorité, que l’utilisation d’instruments devait être limitée, et qu’il fallait savoir faire la différence entre la musique sacrée et la musique profane. En fait, la musique sacrée ne peut pas se limiter à n’être qu’une expression subjective: la forme que doit avoir le chant liturgique est ancrée dans la Bible et dans la tradition de l’Eglise. (…)
Alors pourquoi cette insistance de l’Eglise sur les caractéristiques de la musique et du chant liturgique? Pourquoi vouloir que le chant et la musique attribués à la liturgie demeurent distincts de toute autre forme musicale? Pourquoi le chant grégorien et la polyphonie sacrée devraient-ils demeurer les seuls modèles de la musique liturgique, même populaire? La réponse à ces questions se trouve exactement dans ce que nous avons essayé de dire à propos de l’esprit de la liturgie. Ces formes musicales sont, en raison de leur sainteté, de leur la beauté et de leur universalité, la traduction en mélodies et en chants du véritable esprit de la liturgie: elles introduisent à l’adoration du mystère célébré et permettent de ce fait une participation véritable, pleine et fructueuse à l’action de Dieu dans et par le Christ. Elles introduisent dans la vie de l’Eglise et, par là, dans la contemplation du mystère. (le 24 novembre 2009)
Dom Prosper Guéranger
extrait de l’ANNÉE LITURGIQUE
Dans toutes les saisons de l’Année Chrétienne, mais surtout au saint temps de l’Avent, il n’est point d’oeuvre plus agréable à Dieu, plus méritoire et plus propre à nourrir la véritable piété, que l’assistance au saint Sacrifice de là Messe. Les fidèles doivent donc faire tous leurs efforts pour se procurer ce précieux avantage aux jours mêmes où la sainte Eglise ne leur en fait pas une obligation.

En assistant au divin Sacrifice dont l’oblation a été l’objet de l’attente du genre humain durant quarante siècles, ils devront éprouver une vive reconnaissance, s’ils réfléchissent que Dieu les a fait naître en ce monde depuis ce grand et miséricordieux événement, et n’a pas marqué leur place parmi ces générations qui se sont éteintes avant même d’en avoir pu saluer l’aurore. Ils ne s’en joindront pas moins avec instance à la sainte Eglise, pour demander, au nom de toute la création, la venue du Rédempteur, acquittant ainsi avec plénitude la grande dette imposée à tous les hommes, tant à ceux qui ont vécu avant l’accomplissement du mystère de l’Incarnation, qu’à ceux qui ont le bonheur de le voir accompli.
Ils sentiront aussi que le grand Sacrifice qui perpétue sur la terre, jusqu’à la consommation des siècles, l’oblation réelle, quoique non sanglante, du Corps et du Sang de Jésus- Christ, a pour but spécial de préparer, et même d’opérer, dans les coeurs des fidèles, l’Avènement mystérieux du Dieu qui n’est venu délivrer nos âmes que pour en prendre possession.
Enfin, ils aimeront à profiter de la présence et de la conversation du Fils de Dieu, dans ce mystère caché où il sauve le monde, afin qu’au jour où il viendra le juger dans sa majesté terrible, il les reconnaisse comme ses amis et les sauve encore, à cette heure où il n’y aura plus de miséricorde, mais seulement la justice. (…)
La première chose qui doit occuper les fidèles lorsqu’ils assistent à la sainte Messe dans l’Avent, est de savoir si cette Messe va être célébrée suivant le rite de l’Avent, ou si elle est en l’honneur de la Sainte Vierge, ou de quelque Saint, ou enfin pour les défunts. Pour cela, il leur suffira déconsidérer la couleur des ornements du Prêtre. Ils seront violets, si la Messe est de l’Avent ; d’une autre couleur, blanche ou rouge, si elle est de la Sainte Vierge ou d’un Saint ; enfin noire, si elle est pour les défunts. Si le Prêtre est revêtu de violet, les fidèles s’efforceront d’entrer dans l’esprit de pénitence que l’Eglise veut exprimer par cette couleur. Ils le feront également dans le cas où le Prêtre serait revêtu d’une autre couleur ; car, quelle que soit la solennité qu’on célèbre en Avent, le célébrant est toujours obligé de faire mémoire de l’Avent en trois endroits, et en usant des mêmes paroles de supplication et de componction qu’il aurait à prononcer dans une Messe propre de l’Avent. Il n’y a d’exception que pour les Messes des défunts. (…)
Pendant l’Aspersion, on demandera la pureté de coeur nécessaire pour prendre part au double Avènement de Jésus-Christ ; et en recevant sur soi-même cette eau sainte, dont l’aspersion nous prépare à assister dignement au grand Sacrifice dans lequel est épanché, non plus une eau figurative, mais le Sang même de l’Agneau, on pensera au Baptême d’eau par lequel saint Jean-Baptiste préparait les Juifs à cet autre Baptême qui devait être l’effet de la puissance et de la miséricorde du Médiateur.
Dans un article important, Don Mauro Gagliardi, assistant maître des cérémonies au Vatican, parle de la valeur des prières dites "apologétiques" de la messe : Si la celebratio est prière, c'est-à-dire colloque avec Dieu - colloque de Dieu avec nous et de nous avec Dieu - le « moi » propre du célébrant se transforme, entrant dans le « nous » de l'Eglise. Le « moi » s'enrichit et s'élargit en priant avec l'Eglise, avec ses paroles, et un colloque s'engage réellement avec le Seigneur. De cette manière, la façon de célébrer devient réellement célébrer « avec » l'Eglise : le cœur se dilate - pas dans un sens physique bien sûr, mais dans le sens où il se met « avec » l'Eglise en colloque avec Dieu. Dans ce processus d'élargissement du cœur, les oraisons apologétiques et le silence contemplatif et adorateur qu'il produisent représentent un élément important et, c'est pour cela qu'elles font partie de la structure de la célébration eucharistique depuis plus de 1000 ans.

MESSAGE DU SAINT-PÈRE
POUR LA XLVI JOURNÉE MONDIALE
DE PRIÈRE POUR LES VOCATIONS
3 MAI 2009 – IVe DIMANCHE DE PÂQUES
Thème: "La confiance en l’initiative divine et la réponse humaine"
Vénérables Frères dans l’Épiscopat et dans le Sacerdoce,
Chers frères et sœurs!
Pour la prochaine Journée Mondiale de prière pour les vocations au sacerdoce et à la vie consacrée, qui sera célébrée le 3 mai 2009, Quatrième Dimanche de Pâques, j’ai choisi d’inviter tout le Peuple de Dieu à réfléchir sur le thème: la confiance en l’initiative divine et la réponse humaine. L’exhortation de Jésus à ses disciples résonne sans cesse dans l’Église: «Priez donc le Maître de la moisson, afin qu’il envoie des ouvriers à sa moisson!» (Mt 9,38). Priez! L’appel pressant du Seigneur montre comment la prière pour les vocations doit être incessante et confiante. C’est, de fait, seulement si elle est animée par la prière que la communauté chrétienne peut effectivement «avoir plus de foi et d'espérance en l'initiative divine» (Exhort. apost. post-synodale Sacramentum caritatis, n. 26).
La vocation au sacerdoce et à la vie consacrée constitue un don divin spécial qui s’insère dans le vaste projet d’amour et de salut que Dieu a sur chaque homme et sur l’humanité entière. Dans sa lettre aux Éphésiens, l’apôtre Paul, dont nous faisons mémoire de façon spéciale pendant cette Année paulinienne du bimillénaire de sa naissance, dit: «Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ, qui nous a bénis par toutes sortes de bénédictions spirituelles, aux cieux, dans le Christ, nous a élus en lui dès avant la création du monde pour être saints et immaculés en sa présence, dans l’amour» (Ep 1,3-4).
Dans l’appel universel à la sainteté se détache l’initiative spéciale de Dieu qui choisit certains afin qu’ils suivent son Fils Jésus Christ de plus près et soient ses ministres et ses témoins privilégiés. Le Divin Maître appela personnellement les Apôtres «pour qu’ils soient avec lui et pour les envoyer prêcher avec le pouvoir de chasser les démons» (Mc 3,14-15); ceux-ci, à leur tour, se sont associés d’autres disciples, fidèles collaborateurs dans le ministère missionnaire. Et c’est ainsi que dans l’Église, au long des siècles, en répondant à l’appel du Seigneur et en se montrant dociles à l’action de l’Esprit Saint, une multitude de prêtres et de personnes consacrées se sont mises au service exclusif de l’Évangile. Rendons grâce au Seigneur qui, encore aujourd’hui, continue d’embaucher des ouvriers pour sa vigne. Il est vrai que dans telle ou telle région de la terre on constate un manque préoccupant de prêtres et que des difficultés et des obstacles se dressent sur le chemin de l’Église; cependant nous sommes soutenus par la ferme certitude que le Seigneur guide l’Église avec sûreté sur les sentiers de l’histoire vers l’accomplissement définitif du Royaume, lui qui choisit librement et invite à sa suite des personnes de toute culture et de tout âge, selon les insondables desseins de son amour miséricordieux.
Notre premier devoir est donc de maintenir vivante, par une prière incessante, notre supplication pour que s’exerce cette initiative divine dans les familles et les paroisses, dans les mouvements et les associations engagés dans l’apostolat, dans les communautés religieuses et dans toutes les structures de la vie diocésaine. Nous devons prier pour que le peuple chrétien tout entier grandisse dans la confiance en Dieu, dans la certitude que le «maître de la moisson» ne cesse pas de demander à certains de consacrer librement leur existence pour collaborer plus étroitement avec lui à l’œuvre du salut. Et de la part de ceux qui sont appelés, il faut une écoute attentive et un discernement prudent, une prompte et généreuse adhésion au projet divin, un sérieux approfondissement de ce qui est le propre de la vocation sacerdotale et religieuse afin d’y correspondre de façon responsable et convaincue. Le Catéchisme de l’Église Catholique rappelle avec justesse que la libre initiative de Dieu requiert la libre réponse de l’homme. Il s’agit d’une réponse positive qui présuppose toujours l’acceptation du projet que Dieu a sur chacun et la coopération à celui-ci; une réponse qui accueille l’initiative d’amour du Seigneur et devienne pour qui est appelé une exigence morale qui engage, un hommage reconnaissant à Dieu et une pleine coopération au plan qu’il poursuit dans l’histoire (cf. n. 2062).
En contemplant le mystère eucharistique, qui exprime de la façon la plus haute le don libre fait par le Père dans la Personne de son Fils Unique pour le salut des hommes, et la disponibilité pleine et docile du Christ à boire jusqu’à la lie la «coupe» de la volonté de Dieu (cf. Mt 26,39), nous comprenons mieux comment «la confiance dans l’initiative divine» modèle et donne valeur à la «réponse humaine». Dans l’Eucharistie, don parfait qui réalise le projet d’amour pour la rédemption du monde, Jésus s’immole librement pour le salut de l’humanité. «L'Église - a écrit mon bien-aimé prédécesseur Jean-Paul II - a reçu l'Eucharistie du Christ son Seigneur non comme un don, pour précieux qu'il soit parmi bien d'autres, mais comme le don par excellence, car il est le don de lui-même, de sa personne dans sa sainte humanité, et de son œuvre de salut» (Encycl. Ecclesia de Eucharistia, n. 11).
Les prêtres sont destinés à perpétuer ce mystère salvifique à travers les siècles jusqu’au retour glorieux du Seigneur, et c’est précisément dans le Christ eucharistique qu’ils peuvent contempler le modèle parfait d’un «dialogue vocationnel» entre la libre initiative du Père et la réponse confiante du Christ. Dans la célébration eucharistique, c’est le Christ qui agit en ceux qu’Il choisit comme ses ministres; il les soutient pour que leur réponse se déploie en une attitude de confiance et de gratitude qui dissipe toute peur, même quand devient plus forte l’expérience de la faiblesse personnelle (cf. Rm 8,26-30) ou plus rude le contexte d’incompréhension, voire même de persécution.
La conscience d’être sauvés par l’amour du Christ, que chaque Messe alimente chez les croyants et spécialement chez les prêtres, ne peut pas ne pas susciter en eux un abandon confiant dans le Christ qui a donné sa vie pour nous. Croire au Seigneur et accepter son don conduit donc à s’abandonner à Lui avec un cœur reconnaissance, en adhérant à son projet salvifique. Quand cela advient, volontiers l’«appelé» abandonne tout et se met à l’école du divin Maître; un dialogue fécond s’instaure alors entre Dieu et l’homme, une rencontre mystérieuse se réalise entre l’amour du Seigneur qui appelle et la liberté de l’homme qui lui répond dans l’amour tandis que résonnent en lui les paroles de Jésus: «Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, mais moi qui vous ai choisis et vous ai établis pour que vous alliez et portiez du fruit, et que votre fruit demeure» (Jn 15,16).
Cet échange d’amour entre l’initiative divine et la réponse humaine est également présent, d’une manière admirable, dans la vocation à la vie consacrée. Le Concile Vatican II rappelle: «Les conseils évangéliques de la chasteté consacrée à Dieu, de la pauvreté et de l'obéissance, fondés sur les paroles et les exemples du Seigneur et recommandés par les Apôtres, les Pères, les docteurs et les pasteurs de l'Église, sont un don divin que l'Église a reçu de son Seigneur et qu'elle conserve toujours avec sa grâce» (Const. Lumen gentium, n. 43). Là encore, Jésus est le modèle exemplaire d’une pleine et confiante adhésion à la volonté du Père, que chaque personne consacrée doit regarder. Attirés par lui, une multitude d’hommes et de femmes ont, depuis les premiers siècles du christianisme, abandonné famille, propriétés, richesses matérielles et tout ce qui est humainement désirable, pour suivre généreusement le Christ et vivre sans compromis son Évangile devenu pour eux une école de sainteté radicale. Aujourd’hui encore, beaucoup parcourent cet exigeant chemin de perfection évangélique et réalisent leur vocation par la profession des conseils évangéliques. Le témoignage de ces frères et de ces sœurs, dans les monastères de vie contemplative comme dans les instituts et les congrégations de vie apostolique, rappelle au peuple de Dieu «le mystère du Royaume de Dieu, qui agit déjà dans l'histoire, mais qui attend de prendre sa pleine dimension dans les cieux» (Exhort. apost. post-synodale Vita consecrata, n. 1).
Qui peut se juger digne d’accéder au ministère sacerdotal? Qui, en ne comptant que sur ses seules forces humaines, peut embrasser la vie consacrée? Il est utile, une fois encore, de rappeler que la réponse de l’homme à l’appel divin – quand on est conscient que c’est Dieu qui prend l’initiative et que c’est lui aussi qui conduit le projet salvifique à son terme – ne ressemble jamais au calcul craintif du serviteur paresseux qui, par peur, a enfoui dans la terre le talent qui lui a été confié (cf. Mt 25, 14-30), mais s’exprime en une prompte adhésion à l’invitation du Seigneur, comme le fit Pierre quand il n’hésita pas à jeter de nouveau les filets en se fiant à sa parole, alors qu’il avait peiné toute la nuit sans rien prendre (cf. Lc 5,5). Sans abdiquer en rien sa responsabilité personnelle, la libre réponse de l’homme à Dieu devient ainsi «coresponsabilité», responsabilité dans et avec le Christ, dans la puissance de l’action de son Esprit Saint; elle devient communion avec Celui qui nous rend capables de porter beaucoup de fruit (cf. Jn 15,5).
Nous trouvons une réponse humaine emblématique, une réponse de totale confiance en l’initiative divine, dans l’«Amen» généreux et plénier que la Vierge de Nazareth a prononcé dans une adhésion humble et décidée aux desseins du Très-Haut que l’envoyé céleste lui a communiqués (cf. Lc 1,38). La promptitude de son «oui» lui permit de devenir la Mère de Dieu, la Mère de notre Sauveur. Marie dut ensuite répéter tant d’autres fois ce premier «fiat», jusqu’au moment culminant de la crucifixion de Jésus, alors qu’elle «se tenait près de la croix», comme le note l’évangéliste Jean, participant à l’atroce douleur de son Fils innocent. Et précisément sur la croix, Jésus mourant nous l’a donnée comme Mère et nous a confiés à elle comme ses fils (cf. Jn 19,26-27), Mère spécialement des prêtres et des personnes consacrées. Je voudrais lui confier ceux qui entendent l’appel de Dieu à se mettre en marche sur la route du sacerdoce ministériel ou de la vie consacrée.
Chers amis, ne vous découragez pas devant les difficultés et les doutes; confiez-vous à Dieu et suivez fidèlement Jésus, et vous serez les témoins de la joie qui jaillit de l’union intime avec lui. A l’imitation de la Vierge Marie, que les génération proclament bienheureuse parce qu’elle a cru (cf. Lc 1,48), engagez-vous avec toute votre énergie spirituelle pour réaliser le projet salvifique du Père céleste, en cultivant comme elle, dans votre cœur, la capacité de vous émerveiller et d’adorer Celui qui a le pouvoir de faire de «grandes choses» parce que Saint est son nom (cf. ibid., 1,49).
Du Vatican, le 20 janvier 2009
BENEDICTUS PP. XVI
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