Editorial

La Main du diable semble partout vouloir s’imposer au nom de la laïcité, du principe de non religion dans l’espace public. C’est la guerre contre nos croix, c’est la guerre contre nos crèches et la liste pourrait être longue s’il fallait tenir une liste exacte.

De plus en plus il y a deux poids deux mesures à l'égard des chrétiens et en particulier les catholiques qui font face à des attaques, des humiliations , des intimidations, et à l'égard des religions qui, au nom de l’intégration, ne supportent aucune critique même quand certains au nom d’Allah égorgent nos prêtres.

Il y a une guerre, oui le mot est fort mais le Pape François lui-même ne parle t-il pas de troisième guerre mondiale ? Il y a une guerre contre la culture chrétienne, contre Dieu, contre l’ordre de sa création, contre la création elle-même. La notion de Dieu est niée, l’homme lui prend la vedette tombant dans le péché de nos premiers parents.

L’homme n’est plus modelé par Dieu puisqu’il n’existe pas, mais par lui même avec toutes les dérives que nous avons connues au XXème siècle par les régimes totalitaires : l’eugénisme nazi et l’horreur des Lebensborn pour ne citer que ces deux là. Le totalitarisme du XXème siècle est l’ancêtre de ce que nous appelons aujourd’hui le transhumanisme qui séduit autant qu’il est dangereux.  Il séduit car il pousse l’homme au  delà de ses propres frontières pour être augmenté, il est dangereux puisque cela commence par supprimer l’homme diminué c’est-à-dire qui ne rentre pas dans certaines normes.  A titre d’exemple, aujourd’hui c’est 96% des enfants touchés par la trisomie 21 qui sont supprimés avant la naissance. Ce n’est plus le malade qui est soigné, qui est accompagné dans la maladie, dans sa dignité de personne humaine, dans sa vieillesse mais c’est le malade qu’on supprime. L’Euthanasie en est un triste exemple.

Mais Dieu existe et cela change tout !

 

Le mois de décembre est caractérisé par l’AVENT. C’est l’attente de la Promesse suite au Péché Originel. Cette promesse, c’est l’Emmanuel, Dieu qui se fait homme pour être un de nous en nous aimant et en nous portant jusqu’à la Croix pour nous offrir la Rédemption afin que nous puissions avoir part à la vision béatifique dans la contemplation de Dieu trois fois Saint.

Cette attente du Sauveur qui rejoint notre humanité rend l’homme capable de Dieu. C’est le triomphe de l’Amour. Cette attente elle est pénitentielle même si c’est ce que nous pourrions vulgairement appeler un « carême joyeux », elle reste néanmoins marquée par une attention où nous sommes appelés à faire des efforts pour que l’Enfant Jésus que nous déposerons dans la crèche la nuit de Noël soit en même temps reçu dans notre cœur et dans notre âme.

Nos anciens, par exemple jeûnaient trois fois la semaine de la Saint Martin à Noël reprenant un schéma quadragésimal pour se préparer au mystère de l’Incarnation du Rédempteur.En effet, Saint Perpétuus , évêque de Tours en 480 rapporte Saint Grégoire de Tours avait statué « que les fidèles jeûneraient trois fois la semaine, depuis la fête de saint Martin jusqu’à Noël. » « Nous trouvons ensuite le neuvième canon du premier Concile de Mâcon, tenu en 582, qui ordonne que, durant le même intervalle de la Saint-Martin à Noël, on jeûnera les lundis, mercredis et vendredis, et qu’on célébrera le sacrifice suivant le rite Quadragésimal. Quelques années auparavant, le deuxième Concile de Tours, tenu en 567, avait enjoint aux moines de jeûner depuis le commencement du mois de décembre jusqu’à Noël. Cette pratique de pénitence s’étendit bientôt à la quarantaine tout entière pour les fidèles eux-mêmes ; et on lui donna vulgairement le nom de Carême de saint Martin. Les Capitulaires de Charlemagne, au livre sixième, n’en laissent plus aucun doute ; et Rhaban Maur atteste la même chose au livre second de l’Institution des Clercs. On faisait même des réjouissances particulières à la fête de saint Martin, en la manière qu’on en fait encore aux approches du Carême et à la fête de Pâques. » Extrait  Don Guéranger.

Nos anciens ne badinaient pas avec l’amour ! J Et pour vous chers fidèles quel sera votre effort ? Je vous propose donc de suivre une chose simple mais qui est la marque de sainteté : Soyez attaché jalousement à votre devoir d’état. Mais qu’est-ce le devoir d’état ? Laissons Théopedie.com nous le dire :

Quels sont les devoirs d’état ?

« On ne saurait se soustraire à ses exigences professionnelles, familiales ou civiques : l’étudiant doit étudier du mieux possible, les parents doivent éduquer leurs enfants du mieux possible, l’entrepreneur doit gérer son entreprise du mieux possible, le religieux doit prier du mieux possible. Ces exigences sont tellement importantes qu’elles ont valeur d’obligations morales. On parle ainsi de « devoirs d’état ».

Pie X définissait ainsi les devoirs d’état : « les obligations particulières que chacun a par suite de son état, de sa condition, et de la situation qu’il occupe ». (Pie X, Catéchisme). Les mots « états », « conditions » et « situation » désignent respectivement les états de vie (mariage, célibataire, consacré, salarié, bénévole, etc), comment nous nous situons dans cet état (fiancé ou marié, débutant ou avancé, professionnel ou amateur, etc), les circonstances particulières (chef d’entreprise, avocat, journaliste, étudiant, retraité, etc). Aussi, il appartient à chacun de discerner son état, sa condition et sa situation où il se trouve et les exigences qui en découlent. Par exemple, un jeune marié n’a pas les mêmes obligations qu’un homme marié depuis longtemps car leurs situations sont différentes : les besoins sexuels, la connivence conjugale, l’âge des enfants, les difficultés professionnelles entraînent des devoirs d’état différents.

On a coutume de hiérarchiser ainsi les devoirs d’état :

  • envers Dieu et envers l’Église (prière, pratique religieuse, témoignage de foi, etc).
  • envers ses parents, son conjoint, ses enfants (aide financière, affectivité, temps consacré, etc).
  • envers la nation et la communauté dont nous faisons partie (impôt, vote, service militaire, etc).
  • dans le cadre professionnel (rigueur, assiduité, honnêteté, etc).
  • dans les relations sociales (amis, voisins, etc).

Cette notion de devoir d’état permet de hiérarchiser ses efforts, en étant sûr de respecter un ordre juste : parfois, certaines personnes rêvent à un idéal de vie qui semblerait plus accessible et plus grand, mais elles oublient la situation concrète dans laquelle elle se trouve. Ou bien, elles vont faire des efforts sur des points secondaires, tout en oubliant l’essentiel.

Les devoirs d’états sont là pour nous rappeler que l’idéal de vie ne se nourrit pas d’imagination mais de justice, d’actes concrets.

« Chacun aime selon son goût ; peu de gens aiment selon leur devoir et le goût du Seigneur. De quoi sert-il de bâtir des châteaux en Espagne puisqu’il nous faut vivre en France ? » (Saint François de Sales).

Chanoine Thibaut d’Aviau de Ternay