Nous avons appris ce matin le rappel à Dieu de Vincent Lambert. L’heure est donc à la prière afin qu’il puisse être accueilli dans la béatitude. Que du ciel il puisse travailler à convertir le cœur de l’homme qui est sur la terre. Que penser du cas de Vincent qui fut très médiatisé autour de la question de la dignité. Tout d’abord, on a laissé Vincent durant 10 ans sans soins adaptés à son état. C’est un manque de dignité. Puis on a décidé sa mort en le privant d’hydratation et de nourriture, c’est contraire à la dignité. On a l’impression que nous vivons dans une société qui de plus en plus rejette Dieu Créateur et Maître de toute chose. L’homme prend la place de Dieu et décide lui-même de qui doit vivre et qui doit mourir. Ce n’est pas un progrès pour la dignité de l’homme mais une porte ouverte au sectarisme et au totalitarisme. L’homme devient une marchandise où le seul critère de la rentabilité rentre en compte. L’handicapé, le tétraplégique, le pauvre dans la rue, le retraité, sera demain euthanasié par l’homme rentable. C’est le risque de la dérive actée par la mort de Vincent. En Afrique je me suis occupé de lépreux et je me souviens de papa Gaston qui perdait ses membres et qui me disait le plus dur dans cette maladie c’est de perdre notre dignité. Lorsque vous venez avec les infirmières pour me soigner pour me confesser pour me porter les sacrements je retrouve ma dignité. La charité théologale nous aide à nous tourner vers l’autre, au contraire l’individualisme sous des raisonnements fallacieux nous éloigne de l’autre. Lundi 15 juillet à 19h je célébrerai une messe de requiem pour Vincent à la Chapelle Saint Jean-Baptiste.

Chanoine Thibaut d'Aviau de Ternay

Au nom de la liberté, le peuple vendéen a été exterminé en grande partie en respect des textes de lois, cette réalité nous la retrouvons dans le communisme et le nazisme mais aussi chez les tenants de l’avortement ; au nom de la dignité on légalise peu a peu l’euthanasie et l’affaire Lambert est le cheval de Troie idéal pour cela.

Le point commun est l’absence de Dieu qui conduit à inventer un homme nouveau déconnecté de son Créateur qui est la source de l’Amour. L’homme devient donc froid comme un serpent le rendant capable du pire. Au nom de la liberté et de la dignité l’homme tue l’homme car son individualité est devenu son nouveau Dieu.

Rien de nouveau, déjà Lucifer s’est distingué ainsi entrainant une myriade d’anges avec lui ; nos premiers parents également se sont distingués de la sorte entrainant une blessure dans toute la nature liée à la création.

Développer des utopies, des idéologies en niant Dieu pour se faire son propre Dieu, l’homme ne peut réussir à qu’une chose : engendrer le chaos !

Satan face à cet homme nouveau semble prendre l’avantage sur Dieu et c’est là son erreur, car Dieu nous a envoyé un Sauveur en son Fils Jésus-Christ.  Ce Fils nous accompagne tous les jours à travers la vie sacramentelle et particulièrement la Sainte Eucharistie. Il est, même au milieu des ténèbres, notre Lumière et notre Espérance. La reprise des soins de Vincent Lambert dans le contexte actuel est une preuve que tout est toujours possible. La prière et l’action, Ora et Labora finissent toujours par triompher, c’est la méthode que le chrétien catholique doit faire sienne et c’est pour cela que la spiritualité salésienne fait du chrétien catholique un optimiste. « Oh Philotée, nous dit Saint François de Sales, plantez en votre cœur la Croix du Christ et vous récolterez une pluie de roses. »

Chanoine Thibaut d'Aviau de Ternay 

 

 

Éditorial Avril 2019

Sermon pour le Jeudi Saint 2019 à la Chapellenie Saint Jean-Baptiste par le Chanoine Thibaut d'Aviau de Ternay

En ce jour de l’Institution du Sacerdoce et de la Sainte Eucharistie rendons grâce au Seigneur pour ce don qu’il a donné à son Église. Dans un temps où nous sommes sous le choc de la tragédie qu’a connue Notre Dame de Paris, il est bon d’être réuni pour prier et rendre grâce.

La flèche de Notre Dame de Paris faisant le lien entre la terre et le ciel s’est effondrée nous laissant au milieu d’un chant de ruine. Le coq a chanté montrant à la face du monde le reniement de Pierre. Nous entrons dans une nuit obscure, la triple relique contenue dans la flèche ayant chuté dans le brasier. Un fragment de la relique de la Sainte couronne, une relique de Saint Rémy et une de Sainte Geneviève ont rejoint le bûcher de Sainte Jeanne d’Arc.

Le péché de l’homme nous revient comme un boomerang, le reniement du Christ par St Pierre vient fouetter nos consciences à chaque fois que nous préférons être dans le confort plutôt que le don. Souvent Prêtres et fidèles nous préférons notre confort. Disons-le, confessons-le humblement. Mais aujourd’hui nous sommes là au milieu des ruines, la couronne d’épines, St Rémy et Sainte Geneviève sont descendus du Ciel pour nous regarder espérant croiser notre regard.

Ferons-nous comme Saint Pierre qui fut saisi par le regard du Christ dans la cour du prétoire en commençant sa mission par pleurer en versant des larmes de conversion, celles qui sont capable d’éteindre les feux les plus redoutables ou ferons-nous comme Judas qui, enfermé dans son orgueil, va se pendre dans un désespoir épouvantable qui fait penser à celui de Voltaire qui consomma son vase de nuit en guise de viatique.

Sachons voir ses signes d’Espérance dans ce regard qui s’invite à changer radicalement notre manière de vivre, y communier c’est faire l’expérience de Pierre qui devient la pierre angulaire de l’Église et si nous voulons prendre un peu de hauteur notre paratonnerre. Pour voir ses signes, il faut retrouver la symbolique de notre nudité originelle. Elle est bien différente de celle qui se pratique en certains endroits hédonistes car la vraie nudité elle se trouve dans celle qui préfigure le Christ en la personne de l’Ancien Testament Job. Il vécut le dépouillement jusqu’à la nudité et jusqu’à l’humiliation d’un corps recouvert d’ulcères. Il était considéré comme un sage, il s’humilia comme le Fils de Dieu qui devant l’opprobre fit la volonté du Père. Et de cette obéissance extrême tout est redevenu possible, harmonieux, joyeux, fécond. C’est dans cette expérience de la vraie nudité que la joie spirituelle s’enracine et rend l’âme agréable à son Créateur et comme par ricochet l’âme devient lumière qui brille au milieu des ténèbres.

L’heure a sonné mes amis pour une telle rencontre car aujourd’hui la triple relique, Christ en tête, a décidé de rejoindre le bûcher de Jeanne, la Pucelle d’Orléans, qui sauva la Fille aînée de l’Église par la restauration de la monarchie en conduisant à l’Autel de Reims le Dauphin Charles VII pour qu’il y soit sacré. Que reste-t-il de Jeanne ? si ce n’est son anneau, et que symbolise l’anneau ? si ce n’est l’alliance. Oui la triple relique à voulu rejoindre l’anneau de Jeanne pour renouveler l’alliance entre Dieu et les hommes manifestant ainsi un amour fou de Dieu pour l’homme qui du néant l’a tiré pour le rendre capable de Lui afin qu’il puisse participer à Sa vision béatifique faisant ainsi l’expérience de la Trinité qui pourtant se suffit a elle même. Entrer dans cette alliance c’est entrer dans l’esprit du mot qui depuis les origine définit le Christianisme : « hodos » signifiant voie et souvent utilisée dans le Nouveau Testament dans le sens de chemin de progrès. Comme l’a fait remarquer dernièrement le Pape émérite Benoit XVI :

« La Foi est un voyage et une façon de vivre. Dans l’Église ancienne, le catéchuménat fut créé comme un lieu de vie face à une culture de plus en plus démoralisée, où les aspects particuliers et nouveaux de la manière de vivre chrétienne étaient mis en pratique, et en même temps protégés de la manière de vivre ordinaire. Je pense qu’encore aujourd’hui il faut quelque chose qui ressemble à des communautés catéchumènes, de telle sorte que la vie chrétienne puisse s’affirmer à sa propre façon. » C’est ici que prend l’importance d’une vie de type paroissial ou nous pouvons faire l’expérience du triple sacerdoce : sacerdoce du Christ, sacerdoce ministériel et sacerdoce commun des fidèles. Tout nous ramène au Christ ou selon le principe de subsidiarité chacun étant à sa place se sanctifie dans les structures que l’Église, Une, Sainte, Catholique et Apostolique nous donne pour cela. N’ayons pas peur d’avancer au large dans cette alliance que le Christ renouvelle par le sacrifice de son Sang et qu’Il s’est nous rappeler à travers l’histoire de notre vie par différents moyens comme dernièrement la catastrophe de Notre Dame de Paris qui fait dire à Mgr Aupetit : « Au delà de la reconstruction des pierres, il s’agit de reconstruire l’Église tout entière par la conversion de notre coeur. « Va, dit le Seigneur à Saint François d’Assise, et rebâtis mon Église qui tombe en ruines. » Ainsi soit-il

À NOUS LA HONTE AU VISAGE

« À nous la honte au visage, comme on le voit aujourd’hui ; à nos rois, à nos princes, à nos pères, pour ceux qui sont près et pour ceux qui sont loin, parce que nous avons péché contre toi. » Nous reconnaissons la prière du prophète Daniel, déporté à Babylone, que nous avons entendue au lendemain du deuxième dimanche de Carême (Dn 9, 7-8).


Tous et chacun, nous sommes accablés par ces révélations successives de manquements scandaleux de certains cardinaux, évêques, prêtres ou religieux à leurs engagements. Nous avons le sentiment d’être submergés par une marée nauséabonde qui semble se répandre partout. Elle nous atteint tous, « de près ou de loin », comme l’exprime Daniel, à tous les niveaux de l’Église.

Le Carême où nous sommes entrés nous invite tous à une vraie conversion, comme celle que vivent actuellement les quelque 110 catéchumènes que j’ai appelés à recevoir le baptême à la Pâque qui vient : des adultes qui avaient parfois une image négative de notre Église et qui remercient nos prêtres et nos communautés pour l’accueil qui leur a été réservé. Dieu lui-même, par divers relais, les conduit à nous et nous les confie.

« Qu’ils soient un, pour que le monde croie ! » (Jn 17, 22). Vous connaissez cette prière de Jésus à son Père avant sa Passion, qui inspire la pastorale de notre diocèse. L’unité diversifiée de nos communautés est la condition sans laquelle notre annonce de l’Évangile ne peut être crédible.

Que chacun de nous travaille aussi à sa propre unification personnelle, pour mettre en harmonie sa foi, ses convictions et ses engagements. Le scandale étalé à nos yeux de doubles vies est insupportable. Même si nous savons bien qu’il est difficile d’être parfaitement honnête avec soi-même,
il est nécessaire que nous tendions à la cohérence entre nos paroles et nos actes. Le moine (monos en grec) n’est pas d’abord celui qui vit dans la solitude, mais celui qui fait profession d’unifier sa vie dans la recherche de Dieu en communauté. Nous avons tous à développer les énergies divines de notre baptême, pour devenir plus pleinement fils de la lumière : « Autrefois, vous étiez ténèbres, écrit saint Paul aux Éphésiens ; maintenant, dans le Seigneur, vous êtes lumière ; conduisez-vous comme des enfants de lumière » (5, 8).

« Voici le temps favorable ! » nous redit saint Paul. D’un même élan généreux, travaillons chacun à notre unité personnelle, pour mieux assurer l’unité de nos communautés. En ce temps de Carême, convertissons-nous, reconnaissons nos péchés, et ne soyons pas complices de nos faiblesses ni de celles des autres ; refusons toute hypocrisie, toute vie double et mensongère !
« À nous la honte au visage, au Seigneur notre Dieu la miséricorde et le pardon » (Dn 9, 8-9).

Merci à vous tous, prêtres, laïcs et religieux, qui, par la grâce de Dieu, honorez le beau nom de « fidèles ».

+ fr. Robert Le Gall
Archevêque de Toulouse
19 mars 2019
Solennité de saint Joseph

 

Billet spirituel  du Chanoine Thibaut d’Aviau de Ternay pour la fête de Notre Dame de Lourdes.

Le 11 février, la fête de Notre Dame de Lourdes marque la 1ère apparition de la Vierge Marie à Bernadette, Le 25 Mars jour de l’Annonciation elle donne son nom : « Que soy era l’immaculata Concepciou » « je suis l’immaculée Conception ». C’est la 16ème apparition. La 18ème et dernière apparition tomba le 16 juillet jour de la fête de Notre Dame du Mont Carmel.

Il est frappant de voir que la Madone choisit le jour de l’Annonciation pour donner son nom : « Je suis l’immaculée Conception ». C’est le dogme défini par le Bienheureux Pape Pie IX qui consiste a confesser comme une vérité de Foi que la Vierge-Marie a été conçue sans le péché originel et qu’elle n’a pas commis de péchés personnels. Comment d’ailleurs la Mère du Sauveur, Fils de Dieu, 2ème personne de la Sainte Trinité aurait pu être dans l’ordre de la damnation (à cause du péché Originel) pour accueillir Celui qui vient au monde pour notre Rédemption en anéantissant le péché par le Sacrifice de la Croix et de sa Résurrection ?

C’est logique ! Cela n’enlève rien aux mérites de Marie qui n’est pas tombée dans l’orgueil des anges déchus ni dans la cupidité d’Ève. Mais par sa grande humilité elle accueillit le plan de Dieu avec, malgré son jeune âge, une grande maturité qui montre une liberté totale dans sa réponse à l’Archange Gabriel. « Ecce ancilla Domini »

Par sa grande humilité elle est devenue la nouvelle Ève car elle a racheté l’humanité en lui redonnant l’éclat de son Créateur. Ce rachat de l’humanité, Marie le donne en puissance, le Christ le donne en acte par le triomphe de son Sacrifice de Rédemption.

Si bien que nous pouvons dire avec Saint Louis Marie Grignon de Montfort que « là où est Marie, là est Jésus »

Si Marie est là où est Jésus, il n’est pas étonnant alors de voir que Lourdes est devenu le sanctuaire marial où il y a le plus de guérisons tant physiques que spirituelles. En effet la souffrance est une conséquence du péché Originel qui blessant la nature, l’a rendue vulnérable. Par le Fiat de Marie notre salut et notre restauration sont devenus possibles. Par analogie, nous pouvons dire que Marie est par son Fiat l’Alpha de notre salut et le Christ par son Sacrifice en est l’Omega si bien que par Marie Porte du salut, son divin Fils nous conduit dans la demeure du Père. Ce chemin est un chemin de guérison, un chemin d’amour, un chemin de rencontre où le Saint-Esprit suscite en nous la capacité de coopérer à la grâce nous permettant alors d’être dans la joie et l’Espérance.

Chaque vie humaine avec son histoire, ses joies comme ses souffrances s’invite dans cette dimension cosmique entre l’Alpha de Marie et l’Oméga de Jésus donnant un sens à nos vies, à nos joies, à nos peines.

Le 11 Février, fête de Notre Dame de Lourdes est une belle occasion de prier pour rendre grâce des belles choses dont nous faisons l’expérience dans notre vie mais c’est aussi une invitation à confier à Marie l’immaculée Conception nos fragilités, nos souffrances tant physiques que morales. D’ailleurs l’Église à fait de ce jour la journée des malades. Ainsi par le Fiat de Marie, nous pouvons faire l’expérience du Christ qui par le Sacrifice de la Croix et de la Résurrection a vaincu la mort et la souffrance, de sorte que nos infirmités qu’elles soient d’ordre physique ou morales ont un sens à cause du triomphe du Christ. Non seulement Il en triomphe mais Il nous dépose dans la béatitude du Père par son Ascension nous ouvrant les portes du Ciel pour l’éternité.

Ainsi nous sommes dans un climat de confiance et de sérénité, nous pouvons nous abandonner et dire à Dieu avec ce contemporain et ami de Saint Padre Pio, Don Dolindo : « Je m’abandonne à Toi, à Toi d’y penser ».

Chanoine Thibaut d’Aviau de Ternay