Le mois de février 2012 est tout occupé de ce temps qui prélude au Carême et qui en annonce l’austérité et le caractère pénitentiel. Alors que le jeûne ne sera obligé qu’au mercredi des Cendres, les ornements violets s’imposent déjà bien souvent et les chants de joie sont supprimés.
Pourtant cette année...
une originalité apparaît dans le calendrier liturgique : les samedis précédant les dimanches de la Sexagésime et de la Quinquagésime retrouvent les ornements blancs pour les fêtes, respectivement, de l’Apparition de la Très Sainte Vierge Marie à Lourdes le 11 février et de Sainte Bernadette Soubirous le 18. Et c’est là que l’on trouve une autre particularité qui devient pour nous une heureuse coïncidence dans le choix musical du mois. La singularité est liturgique : les introïts de la messe de ces fêtes ont tous deux le 2ème verset du psaume XLIV dont la fin est : « dico ego opera mea Regi » (c’est pour un roi que je dis mon poème). Et la concordance est parfaite entre ces mots et le titre qu’a choisi le sous-maître de la Chapelle Royale Henry Madin (1698, Verdun - † 1748, Versailles) pour une messe écrite en 1743 sans doute en l’honneur de la Sainte Vierge à l’occasion d’une de ses fêtes ou pour la fête d’une vierge sainte dont l’introït contient aussi ce verset.
L’analogie ne s’arrête pas là : la musique pour 4 voix sans accompagnement d’instruments − forme si particulière qu’aucun autre maître depuis M.A. Charpentier ne s’est aventuré dans cet exercice de composition − s’élève à la fois majestueusement en déployant des lignes mélodiques finalement assez "simples" que le contrepoint harmonique des 4 voix magnifie, à la fois sobrement par un soutien de basse constitué de l’unique orgue ; un rien d’austérité donc , qui convient à notre temps liturgique, pour une élévation de la prière publique de l’Eglise comme l’exige la musique sacrée.
Viennent ensuite, quelques motets magnifiques eux-aussi, dont deux sont agrémentés de plusieurs instruments, et une messe brève composée en 1746.
N’existe que la version du groupe Amalsis sous la direction du chef et organiste grec Iakovos Pappas (Ed. Arion, encore disponible sur internet).
