La messe est le renouvellement non sanglant du sacrifice de la croix. C’est une action de louange, et  une action de grâce (c’est le sens grec du mot « eucharistie »). C’est également un sacrifice destiné à nous rendre Dieu clément et favorable (on parle de caractère propitiatoire, terme rencontré à de nombreuses reprises dans l’ancien testament).  Enfin, sa dernière finalité est d’être une demande des grâces qui nous sont nécessaires.

Dans le rite traditionnel, le latin est utilisé dans tous les textes liturgiques. C’est la langue officielle de l’église, qui rend le culte réellement catholiques, c’est à dire universel. La même messe est en effet célébrée en tous lieux, et est compréhensible pour tous les fidèles, qu’ils soient originaires du pays ou étrangers et n’en parlant pas la langue. De même, nous sommes ainsi reliés aux générations qui nous ont précédées. Tous les saints ont ainsi prié et pourraient aussi bien suivre nos messes que nous suivrions les leurs.

Le clergé complet comprend le diacre et le sous-diacre, éventuellement des personnes ayant reçu les ordres mineurs, et des enfants de chœur. Il est rare actuellement d’avoir des cérémonies avec diacre et sous-diacre, aussi le cérémoniaire les remplace-t-il le plus souvent. Aux messes basses ou dans des paroisses avec peu de fidèles, le prêtre est parfois amené à officier seul.

Les divisions de la Sainte Messe sont les suivantes :

Procession d’entrée.

Le prêtre se rend de la sacristie à l’autel en procession avec le clergé. Il représente ainsi le cours de la vie terrestre de Notre Seigneur Jésus-Christ, la sacristie symbolisant le Père.

Aspersion

Le rituel de l’aspersion, qui rappelle aux fidèles leur baptême et les purifie par l ‘eau bénite, se pratique avant la grand-messe dominicale. 

Prières au bas de l’autel.

Le célébrant commence la messe au bas des marches, au pied de l’autel. Il récite le psaume « Judica me », invitation à quitter ce qui n’est pas Dieu pour s’approcher de lui. Pour marquer la pureté requise par la célébration des saints mystères, le prêtre, puis les fidèles s’accusent de leurs péchés dans le «confiteor ». Le célébrant monte alors à l’autel et en baise le centre, où sont scellées des reliques de saints.  Comme aux premiers temps de l’église, les bienheureux sont ainsi associés au sacrifice de la terre.

Introit

L’introit est un verset d’un psaume, autrefois récité en entier avec son antienne. Il varie selon les dimanches et se trouve au propre du jour dans les missels. 

Kyrie eleison

Ce fragment en grec d’une litanie plus longue remontant aux premiers temps de l’église romaine est une supplication aux trois personnes divines.

Gloria

C’est le chant de fête et de joie par excellence, celui entonné par anges lors de la nuit de Noël. Il exprime la religion dans le Ciel. On incline la tête à quatre reprises :

  • à «adoramus te », pour marquer par un signe sensible le devoir de latrie,
  • à « Jesu Christe », en référence aux mystères de l’incarnation et la rédemption, par lesquels le monde est sauvé,
  • lors des paroles « suscipe deprecationem nostram »,
  • et une nouvelle fois à « Jesu Christe ».
Collecte

Dans cette prière, le célébrant rassemble et résume les demandes inspirées par les textes du jour et selon le temps par le saint qui est fêté.

Epitre

Passage tiré des lettres ou des actes des apôtres, il est destiné à l’instruction des fidèles. Néanmoins, il est proclamé en latin car il s’agit avant tout d’un acte liturgique. La traduction se trouve dans les missels et est souvent donnée par le prêtre avant son homélie.

Graduel, Alleluia ou trait

Ces chants sont le plus souvent tirés des psaumes. Durant le carême, après la Septuagésime, l’Allelluia est remplacé par le trait, pour marquer le caractère pénitentiel du temps.

Evangile

Lors des messes solennelles, c’est le diacre qui chante l’évangile, après avoir reçu la bénédiction du du célébrant. Il représente, en effet, l’église qui proclame le message du Christ selon la mission qu’il lui a confiée.

Credo

Éclatante profession de foi de l’église militante, c’est un abrégé de la religion terrestre qui répond au Gloria de l’église triomphante et des esprits bienheureux. On incline la tête au « Jesum Christum » et à « Simul adoratur » pour marquer l’adoration. On se met également à genoux lors des paroles « et incarnatus est … est homo factus est » afin de marquer la révérence au grand mystère de l’incarnation.

(Fin de la messe des catéchumènes et début de la messe des fidèles)

Autrefois, les catéchumènes qui n’avaient pas encore été instruits des saints mystères, ainsi que les pénitents, quittaient l’assemblée.

Offertoire

Le chant de l’offertoire était un psaume entonné lors de la procession du peuple qui apportait le pain et le vin. Il n’est plus en usage qu’une partie que l’on trouve dans les missels au propre du temps. L’offertoire marque le début du sacrifice proprement dit. Lors des messes solennelles, le sous-diacre, qui représente la loi ancienne,  apporte la patène et le calice, qui sont donnés au prêtre par le diacre, ce dernier symbolisant la loi nouvelle. Ainsi, l’ancien testament prépare le sacrifice, mais c’est par le ministère du nouveau qu’il se réalise. Le célébrant mélange quelques gouttes d’eau au vin signifiant par là le peuple chrétien qui s’unit à Jésus.  Un encensement suit.

Lavabo

Le prêtre se lave les mains, en récitant le psaume 25, afin d’obtenir la pureté de l’âme et du corps convenant à la célébration du mystère. 

Secrète

Cette courte prière se trouve au propre du jour dans les missels et lie les offrandes au canon qui est la réalisation proprement dite du sacrifice. Elle représente aussi la prière intérieure et cachée de Notre Seigneur et se dit en conséquence à voix basse. 

Préface

Cette prière débute le canon de la messe. Elle varie selon les dimanches, en fonction du cycle liturgique ou de la fête du jour. Elle est proclamée à voix haute et symbolise la prière des cieux, qui fait suite à l’oraison secrète du Chirst.

Sanctus

Hymne des anges et des bienheureux par excellence, la répétition par trois fois du mot « sanctus » représente la louange éternelle offerte à la Trinité.

Consécration

Le sacrifice s’accomplit ici et le prêtre réalise le grand miracle de la transsubstantiation qui change les espèces du pain et du vin au corps et au sang de Notre Seigneur. Le rite de l’élévation  a été introduit dans la messe en réponse à l’hérésie de Bérenger de Tours au Xiième siècle , qui niait la présence réelle dans le Saint Sacrement. Pour montrer son adhésion à cette vérité de foi, on récite silencieusement à chaque élévation la profession  de foi de l’apôtre saint Thomas « Mon Seigneur et mon Dieu ».

Pater noster

La prière enseignée par Jésus lui-même est dite à voix haute par le célébrant. L’assistance termine avec lui par cette réponse « Sed libera nos a malo ».

Agnus dei

Le célébrant brise l’hostie en deux et en détache un fragment qu’il mêle au vin. Il signifie par là qu’un même pain est rompu et distribué aux fidèles, comme lors des deux multiplications miraculeuses opérées par Notre Seigneur et symbolise l’unité du corps et du sang  glorieux, que le sacrifice avait séparés.

Communion

Le prêtre communie tout d’abord au pain puis au vin en récitant un psaume. Les fidèles s’avancent en procession pour recevoir le très Saint Sacrement après avoir répété par trois fois l’humble prière du centurion « domine non sum dignus ... ».

La communion achevée, le célébrant procède aux ablutions.

Postcommunion

Cette oraison demande à Dieu de nous appliquer les grâces obtenues par le sacrifice.

Bénédiction

La cérémonie se termine par une bénédiction solennelle.

Dernier évangile

La messe se conclut par la lecture des premiers versets de l’évangile de Jean, rattachant ainsi le sacrifice qui vient de s’accomplir au mystère de l’incarnation.

Antiennes à la vierge

Alors que le prêtre et le clergé se préparent pour la procession de sortie, une antienne à la Vierge Marie est entonnée par la Chorale et les fidèles.

La religion est, selon son sens étymologique, ce qui relie l’homme à Dieu. Elle impose des devoirs, qui se traduisent par la pratique du culte. Celui-ci peut recouvrir l’adoration, qui n’est dû qu’à Dieu seul : on parle alors de culte de latrie. On rend également un culte au saints, en raison de leurs mérites et de leur crédit auprès de Dieu, qui est d’une nature différente du premier  On s’adresse à eux afin qu’ils prient à nos intentions ou pour marquer le respect qu’inspire leur exemple. Cette seconde forme de culte est dite de dulie.

Le culte s’exprime intérieurement par l’oraison, la méditation des vérités révélées, et tous les actes qui impliquent l’esprit. Il est aussi extérieur, et se traduit par les prières vocales, les chants, les rites.  Ces deux formes sont obligatoires : l’homme étant composé d’un corps et d’une âme, les deux doivent rendre à Dieu le culte qui lui est dû.

La liturgie est le culte public, exercé au nom de l’église par ses ministres consacrés dans ce but. La cérémonie est l’acte qui en découle, le rite étant sa règle de déroulement.

 Selon la phrase « Lex orandi, lex credendi » (la règle de la prière est la règle de la foi) attribuée à Saint Célestin Ier, le rite reflète la foi et il convient donc de lui accorder une grande importance. C’est la raison pour laquelle seul le Saint-Siège peut régler la liturgie, le concile de Trente ayant dans un de ces canons explicitement mis l’anathème sur ceux qui prétendraient pouvoir les changer. Les rites liturgiques sont rassemblés dans ce que l’on appelle les rubriques, du latin « rubrica » (rouge).

La liturgie et les rites qui y sont associés remontent à la plus haute antiquité. Dans la Génèse, Cain et Abel offrent respectivement en sacrifice des bêtes de son troupeau et des  fruits de la terre. Noé offrit aussi des animaux sans défauts au sortir de l’arche et Melchisédech, roi de Salem, le pain et le vin.

A travers la Loi mosaïque, Dieu fixa les rites jusqu’à la venue du Messie. Les prêtres et Lévites, forment le corps sacerdotal, les prescriptions concernant les cérémonies et les fêtes sont données. La tradition continue à jouer un rôle privilégié, à travers des observances non explicites dans l’ancienne Loi.

La Loi nouvelle perfectionne la Loi mosaïque et la première messe de notre Seigneur lors de la cène fixe les dogmes concernant ce sacrifice par excellence. Les écrits les plus anciens, remontant au premier siècle et second siècle,  attestent d’une rapide fixation des rites. Les parties de la messe que l’on rencontre actuellement dans la forme extraordinaire du rite romain étant déjà présentes dès le II siècle.