L’Avent : Attente et Espérance
 

Des fils de Bach au génie incontesté, nous connaissons maintenant le plus jeune (cf. l’article du mois dernier), l’héritier le plus "fantasque" si l’on considère le style d’écriture musicale. Découvrons aujourd’hui l’un des aînés, le digne successeur du maître de l’art raffiné du contrepoint. Toute l’œuvre musicale de Carl Philipp Emanuel Bach (1714 – 1788) regorge des savantes élaborations harmoniques apprises du père, empreintes d’audacieux développements propres au génie personnel de ce fils qui contribua magistralement à l’élaboration d’un nouveau style de musique dit "pré-classique". Pourtant, ici, est présentée une œuvre qu’il destina aux « amis de la musique » et non pas aux amateurs et aux connaisseurs (titre de la dédicace de ses sonates pour clavier). Fruit de son inspiration, cette musique condescend à venir toucher l’âme simple et ignorante des subtilités d’un art qu’il avait l’habitude d’adresser aux initiés. C’est une délicate harmonie homophonique qu’aucun artifice ne trouble, qui régit ici le cours de l’œuvre Die Israeliten in der Wüste (Les Israélites dans le désert), oratorio écrit en fin d’année 1768.

Quoi de plus approprié au temps de l’Avent que d’évoquer l’attente messianique du peuple élu dans sa tribulation au sein de la désolation comme nous entendrons Isaïe déclamer la nôtre par anticipation tout au long de la liturgie qui commence ; que d’évoquer aussi l’espérance apportée par l’annonce prophétique de Moïse, (ici, personnage de l’oratorio) :

 

« …, Il aura l’apparence d’un être mortel
Et il élèvera le genre humain.
Il est le héros, la descendance de la femme
Qui combat le serpent et lui piétine la tête ;
Il vient et apporte avec lui la paix,… »
et une femme israélite de répondre :
« Digne d’envie est celle qui le nomme son fils !
O mon cœur se consume de joie !
Alors, Dieu effacera la malédictio
Que la chute d’Eve avait appelée sur ses enfants,… » (livret, II Theil),

figure de la Vierge Marie que l’on va fêter en son Immaculée Conception, annonce aussi du Précurseur dont « la voix […] crie dans le désert : aplanissez le chemin du Seigneur… » (Jean 1.23 – 3ème dimanche de l’Avent).

Israël attendait son Sauveur, ses bienfaits et ses grâces de bénédiction ; Israël aspirait à prendre possession de la terre promise où coulent le lait et le miel en abondance. Le Sauveur est venu, mais nous, peuple chrétien, nous attendons encore le retour glorieux du Christ, nous attendons ses grâces de rédemption et de sanctification, nous aspirons, en bénis de son Père, à « … [prendre] possession du royaume préparé pour [nous] depuis la fondation du monde ».

Quoi de plus approprié, donc, pour nourrir nos méditations, que de se laisser porter par cette musique qui se veut avant tout naturelle, comme la décrit si bien un auditeur contemporain : « …combien la clameur du peuple désespéré est forte, puissante, combien est originale l’expression de ses blasphèmes et de ses railleries envers Dieu et son guide, combien est majestueuse la parole de Moïse s’adressant au peuple, et combien sa prière à Dieu est fervente et pleine d’humilité, combien est joyeux le bonheur du peuple sauvé, combien toute la dernière scène fait un contraste doux et agréable aux scènes affreuses et misérables du début,… » (J.F. Reichardt, Lettres d’un voyageur curieux de musique, 1774). C’est exactement cela que l’on entend dans cette version bien rythmée et magnifiquement cadencée du Salzburger Hofmusik (éditée en 2008 chez CPO, disponible sur internet à 9.80 €).

La musique est vraiment édifiante, elle touche la sensibilité de celui qui l’écoute sans passer par son raisonnement ; les sons, l’harmonie et la mélodie parlent directement au cœur.

Pergolesi per l’estate

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Version que rendent unique l’enregistrement d’œuvres inédites et l’interprétation relevée des ensembles britanniques Choir of New College, Oxford et Academy of Ancient Music sous la baguette d’Edward Higginbottom. Double CD disponible sur internet dès 14,70€.

Qui peut méconnaître le fameux Stabat Mater de Giovanni-Battista Pergolesi (1710 - † 1736) dont on entend régulièrement des extraits à la radio où l’on nous présente, en "nouveauté", la 65ème interprétation discographique ? Et en vérité, il faut bien admettre que cette œuvre se range légitimement dans le catalogue intemporel du génie musical de l’humanité aux côtés du Requiem de Mozart et du Gloria de Vivaldi. Mais, à trop s’émerveiller du bouquet final d’un feu d’artifices, on en oublie souvent les jets tout aussi éblouissants qui ont précédé. Tel est ce Stabat Mater que notre jeune compositeur écrivit, malade, au lendemain de son 26ème anniversaire, juste avant de mourir. Et depuis, tous ces autres éclats du génie qui l’a habité dès le début de sa vocation musicale sont occultés, délaissés, inconnus.

Quel dommage en effet de ne point admirer, aussi, les couleurs de l’expressivité mélodique des airs et les différentes textures de la technique fuguée et polyphonique des chœurs, qui font de ses psaumes, hymnes, antiennes et répons, réunis dans ce coffret, de véritables petits tableaux spirituels aussi captivants que peut l’être à jamais son œuvre majeure et testamentaire ! Cette reconstitution intitulée "Marian Vespers" est malheureusement factice puisque l’occasion pour laquelle Pergolesi a composé un répons et deux psaumes pour des Ières Vêpres fut la solennité, instituée à Naples le 31 décembre 1732 pour la première fois et à perpétuité, en l’honneur de Saint Emidius pour qu’il protégeât dorénavant la ville des séismes qui venaient de la ravager.

Deux brèves et profondes sonates d’église pour violon ou violoncelle remplacent les antiennes en plain-chant comme cela a été d’usage au XVIIIème siècle ; deux trompettes sonnantes rehaussent un triomphant Laudate pueri composé ultérieurement – le « Gloria Patri » final est absolument renversant, non par le foisonnement instrumental et choral que l’on pourrait attendre habituellement pour ce verset, mais au contraire par la douceur d’une seule ligne mélodique de violons qui donne l’impression du silence dans lequel s’élève la voix unique d’une âme qui loue son Dieu ; les syncopes répétitives des cordes soutiennent incroyablement la voix soprano lancée en une dramatique aria pour l’hymne Lucis Creator des vêpres du dimanche ; une vibrante musique de cantate inachevée est réutilisée pour un brillant Magnificat idéalement équilibré dans l’inventivité mélodique des parties solistes et dans le contrepoint harmonique des chœurs ; puis un étrange et lancinant Salve Regina pousse de lents accents sans fioritures comme en une intense supplique, prière sincère écrite également au terme d’une trop courte vie terrestre ; tout cela complète alors très heureusement les œuvres de 1732 pleines de la vigueur d’un jeune prodige pour composer ainsi, en l’un des plus beaux offices qui soit de la liturgie catholique, un tableau saisissant et génial d’une brève mais intense existence musicale, de ses balbutiements à sa fin dernière.

Pourquoi des vêpres pour l’été ? Peut-être afin de susciter le goût de redécouvrir l’une des plus belles prières officielles de l’Eglise en une période où le temps nous est donné de saisir l’occasion qui est parfois présentée dans notre lieu de villégiature estivale d’assister aux vêpres du dimanche "comme au bon vieux temps". Mais aussi, simplement, afin que ce sacrificium vespertinum, ce sacrifice du soir, que l’on récitera en esprit et qui animera notre cœur pour peu que l’on veuille bien écouter attentivement cette offrande musicale sublime sous la plume de Pergolesi, nous retienne de mettre en vacances Celui qui n’en prend jamais à cause du souci constant qu’Il a de venir à notre aide et de nous aimer toujours.

Requiem aeternam.

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(Harmonia Mundi, dès 11,00 € sur internet)

Sentence qui fait frémir les vivants ou les agités que nous sommes après une rentrée toute d’effervescence. Sentence toute de tristesse aussi quand nous nous souviendrons de nos défunts ce 2 novembre prochain. Sentence néanmoins de paix et même de joie, joie de la jouissance promise du séjour bienheureux des âmes saintes que nous aurons fêtées la veille, paix que Dieu donne "aux hommes de bonne volonté" – ceux qui se reposent en vérité, en toute confiance, avec dévouement et amour en Lui seul. Quelle douce consolation alors quand la liturgie de ce jour de mémoire est rehaussée d’une musique sacrée qui exprime pleinement, à la fois la crainte de l’humble pénitent et l’espérance du co-héritier du Christ.

Aujourd’hui, évidemment, faute de moyens instrumentaux ou choraux, nous n’entendons plus en nos églises ces harmonies propres à soutenir la prière de l’Eglise, hormis le plain-chant, la polyphonie a cappella ou l’orgue, ce qui est déjà beaucoup. Pourtant, la modernité des moyens de diffusion des œuvres orchestrales nous permet maintenant d’accéder à un fonds musical toujours plus vaste et diversifié. Reste alors à y puiser les chefs-d’œuvre véritablement chrétiens dans le sens qui vient d’être souligné et de se laisser "élever" par une écoute attentive des mots dont la signification est magnifiée, dont la portée est sublimée. Et c’est ce qui vous est proposé maintenant.

Milan, 1757. Successivement au printemps puis au cours de l’été, les compositions sacrées d’un jeune musicien étranger qui n’a pas encore 22 ans et qui vient de se convertir à la foi catholique suscitent l’admiration de tous. Cela consacre aussi un drame personnel : la rupture définitive avec sa patrie allemande et sa famille luthérienne. Après un peu moins de deux années passées en étude dans l’art de la composition auprès du grand maître bolognais de l’époque, le Padre Giovanni-Battista Martini (1706 – †1784), le dernier rejeton d’une lignée d’éminents compositeurs dont la renommée est solidement établie dans toutes les cours allemandes cherche à n’en point démériter au sein même de la nation italienne considérée comme le berceau de la musique. Et Johann-Christian Bach (1735 – †1782) y parvient brillamment. L’orchestration magistrale d’une partie de la messe des morts – introït, kyrie et séquence – ainsi que la mise en musique solennelle du psaume de pénitence Miserere mei Deus donnent toute la mesure d’un héritage paternel indéniable, d’un savant apprentissage maîtrisé et d’un génie propre qui éclot.

En vérité, il s’agit moins d’œuvres liturgiques à proprement parler que de compositions religieuses, tant le traitement mélodique, l’architecture harmonique ou l’accentuation rythmique de certains versets se révèlent être typiques de l’opéra ! Néanmoins, il semble bien que, dès l’origine, ce fut ainsi que ces créations eurent leurs premières auditions publiques, ce qui expliquerait aussi le caractère tronqué d’une messe des morts incomplète. Mais la valeur intrinsèque de cette musique réside vraiment dans ce qu’elle exprime hautement le texte qu’elle accompagne.

Il n’est qu’à relever la polyphonie à sept voix de l’introït savamment édifié sur le thème initial du rite ambrosien entonné par les basses ou l’usage ancien de la technique du contrepoint à huit voix dans le Kyrie pour être assuré de l’habileté du compositeur dans le traitement musical traditionnel. La séquence est alors découpée en douze parties, le psaume l’est en neuf ; et le schéma est identique : quatre mouvements choraux à huit voix encadrant puissamment une série d’arias, duos ou terzetto pour lesquels le jeune compositeur laisse libre cours à sa riche inventivité mélodique dont la fougue – tel le captivant "Libera me" du Miserere – ou la suavité vous transportent de l’espérance la plus prenante à la plus grande humilité.

Plus qu’un disque à écouter, une musique à vivre.

Missa Sanctissimae Trinitatis


alt Tel le sommet des temps liturgiques de Pâques et de la Pentecôte qui ont honoré les manifestations glorieuses du Fils et du Saint Esprit, la fête de la Sainte Trinité célèbre Dieu trois fois saint dans ce mystère insaisissable des Trois Personnes qui ne font qu’Un. Si la seule vision béatifique de la Divinité nous en donnera toute la réalité, il est pourtant un moyen dont on dispose ici-bas qui nous aide à entrevoir la Vérité : la musique sacrée. En effet, sa fonction première est de Lui porter la prière liturgique de l’Eglise tout en rendant compréhensibles au fidèle les mystères de la foi catholique. Quand les mots du texte s’adressent à l’intelligence de l’esprit, les "paroles" de la musique touchent directement l’intelligence du cœur. Augmenter l’assimilation du signifié de la prière en multipliant les signifiants adressés à la capacité sensible de notre être, et surtout magnifier par la triple essence mélodique, harmonique et rythmique de la musique fondamentalement belle l’hommage, la supplique et l’action de grâces légitimement adressés à l’Unique et Trine, voilà ce que réussit brillamment un autre maître méconnu de l’ère baroque...


Il naquit pendant cette décade incroyable de l’Histoire, 1675 – 1685, qui a donné à l’humanité les esprits les plus talentueux dans l’art musical : Antonio Vivaldi et Domenico Scarlatti en Italie, Louis-Nicolas Clérambault et Jean-Philippe Rameau en France, Georg-Friedrich Händel, Georg-Philipp Telemann et Johann-Sebastian Bach en Allemagne …Tchèque de naissance, Jan-Dismas Zelenka (1679 - † 1745) reçut une éducation musicale des jésuites de Prague. Instrumentiste doué, il quitta définitivement sa patrie lors de son entrée dans l’orchestre le plus célèbre de l’époque, celui de l’Electeur de Saxe converti au catholicisme pour obtenir la couronne royale de Pologne dont il occupa le trône depuis sa capitale saxonne. À Vienne puis à Venise à partir de 1715 pour parfaire sa technique du contrepoint et de la composition, Zelenka revint en 1719 en ce haut lieu de la culture musicale allemande que fut la Cour royale de Dresde pour y exercer son talent presque exclusivement dans le domaine de la musique religieuse. Considéré comme le "pendant" catholique du champion protestant de la musique au service de la Réforme, le saxon par adoption reçut la visite de J.S. Bach qui le tenait en haute estime. Tous deux en effet possédaient le même génie du langage musical, spécialement dans la richesse harmonique de la technique du contrepoint et dans la diversité thématique de l’art de la fugue.
Il n’est qu’à l’entendre dans l’œuvre maintenant présentée : la Missa Sanctissimae Trinitatis de 1736. Et il n’est pas question pour Zelenka de reproduire pour la énième fois l’apparat souvent pompeux d’une messe solennelle ou de s’adonner à la mode contemporaine de l’opéra à l’église. Ici, pas de cuivres et de timbales mais deux flûtes et un chalumeau (ancêtre de la clarinette) ajoutés aux cordes et aux hautbois habituels, pas d’enchainement de ritournelles à couper le souffle mais seulement trois arias sur les dix-neuf pièces. En revanche, il a l’audace de mêler dans une même partie, voire dans une même pièce, le style ancien de la polyphonie chorale à la manière de Palestrina († 1594) et la technique moderne de la virtuosité concertante instrumentale ou vocale en vogue à foison dans les salons galants (comme le magnifique aria « Christe eleison» encadré par les chœurs des « Kyrie eleison » dont le deuxième est savamment fugué) ; non pas dans le but profane de plaire à un auditoire rompu à l’habitude des concerts afin d’acquérir une position sociale enviée qui lui a d’ailleurs toujours été refusée, mais réellement en vue d’une liberté innovante de création – tournures harmoniques soudaines et imprévues (« Et incarnatus est » du Credo), usage fréquent de la syncope et du contretemps (« Qui tollis peccata mundi » du Gloria), phrase inhabituellement longue riche de plusieurs idées thématiques (« Credo in unum Deum ») – qui puisse offrir à l’Eglise une composition nouvelle d’une qualité unique et propre à véritablement élever l’âme en parvenant à infuser dans ce chant solennel de l’Epouse le sens plénier de la Parole de l’Epoux.
Rien n’est moins simple que d’accéder à ce qui vient d’être dit : prenez le temps d’alterner l’écoute des cinq parties de cette messe superbement interprétée par les chœur et orchestre tchèques Musica Florea avec la lecture des prières et des textes de la fête de la Sainte Trinité selon le déroulement normal de la célébration liturgique. Alors chaque accord vous parlera du mystère qui y est signifié.

Fêtes de l’Ascension, de Pentecôte…

alt … et de la Trinité (3 juin). Toute une série de grandes fêtes liturgiques vient clore le temps pascal, ce temps de présence parmi nous du Christ ressuscité, de retour auprès du Père de Notre Seigneur Jésus, de l’attente du Paraclet promis puis de la venue de l’Esprit-Saint consolateur, pour aboutir à la célébration du Dieu Unique révélé aux hommes en ses trois Personnes. Le Père a envoyé son Fils et nous l’a fait connaître par amour pour nous, le Fils s’est offert en sacrifice à son Père et est revenu siéger à sa droite par amour pour nous, l’Esprit-Saint a procédé du Père et du Fils et est descendu nous combler de son amour pour nous. Que de mystères et de motifs à faire grandir la Foi ! Que d’évènements et de raisons à nourrir l’Espérance ! Que de preuves et de sollicitations à vivre de cet Amour ! Et que d’inspirations à célébrer la Joie de l’Eglise par la musique ! ...

Cette suite de fêtes et dimanches consécutifs évoque évidemment les cycles de cantates bien connues de Jean Sébastien Bach, que l’on admire pour la rigueur de leur construction, la justesse de leur instrumentation, la science de leur composition. Malheureusement, à trop considérer le maître on ne remarque pas les disciples ; pourtant, il est un élève du célèbre cantor, que l’on méconnaît aujourd’hui et que l’on célébrait alors en Allemagne comme étant « sans conteste notre plus grand compositeur d’église ». En ce deuxième tiers du XVIIIème siècle, la renommée du Saxon Gottfried-August Homilius (1714 – 1785) surpassait certainement la haute estime en laquelle on tenait déjà son professeur de Leipzig. La raison à cela : là où le maître excellait en technique vocale ou instrumentale exigeante pour l’élaboration complexe des harmonies à caractère contrapuntique, l’élève portait au plus haut niveau l’expressivité et la puissance des arias et des chœurs en ajoutant à la maîtrise de composition de ces pièces la simplicité et la grâce de mélodies ravissantes qui révèlent toute la capacité créatrice du compositeur.
Et l’effet ne se fait pas attendre : en accents solennels, les cors appuient les trilles des violons et des hautbois jouant à l’unisson pour montrer « le Seigneur qui monte aux cieux au milieu des cris de joie et qui, au son brillant des trompettes, loue son Père… » qu’un chœur chante en un hymne glorieux pour l’Ascension ; avec lenteur en ce dimanche "Exaudi, Domine", les accords des flûtes à la tonalité de l’espoir et des cordes aux accents tristes se déploient en alternance de mélodies propres à répéter avec le soliste qu’il faut « patiemment courber l’échine sous le poids de sa croix … et souffrir l’insulte et la moquerie quand les enfants de ce monde se réjouissent » en attendant l’assistance du Paraclet consolateur ; le rythme posé de tout l’orchestre jouant la même mélodie aux nombreuses répétitions de thèmes courts et semblables les uns aux autres rassure l’âme qui chante son « Seigneur dont la puissance fait vivre, l’Esprit de pitié, le vrai Dieu, la source intarissable de joie,… » au jour de Pentecôte ; enfin, même traitement équilibré d’un couple "coro - aria" trois fois répété avec la musique du chœur introductif rigoureusement identique à chaque fois pour que chacune des Personnes du Dieu trinitaire soit également et magnifiquement louée. L’effet est saisissant.
En quatre cantates, Homilius vous plonge par sa musique dans la substance même de quatre mystères essentiels de la vie du chrétien. Quatre fêtes et dimanches, donc, à vivre en découvrant ces chefs-d’œuvre.

Energique interprétation par des musiciens et choristes de Dresde (Carus, dès 11,00€ sur internet).