Il va sans dire que le soin apporté à la composition d’une si grande solennité nous donne à entendre des chefs-d’œuvre de musique sacrée : il n’est qu’à entendre le thème instrumental du premier Kyrie qui structure de façon répétitive toute la polyphonie sans cesse variée des solistes et du chœur sans jamais nous lasser ; le "Domine Deus, Rex coelestis" du Gloria entonné par une seule soprane comme l’annonce majestueuse du Roi de gloire que l’on s’attend à voir entrer ! ou encore le "Suscipe deprecationem nostram" que l’alto déclame, non pas avec un accent de supplication comme on l’entend si souvent, mais avec la force d’une confiance inouïe que permet la présence réelle et vivante du Divin Nouveau-Né : la course folle ascendante puis descendante des violons accompagnant la tenue par la soliste d’une seule note joyeuse pendant douze mesures ! Et le duo poignant du Crucifixus, et l’entraînant Adeste fideles, et la réjouissante sinfonia de l’Agnus Dei …

Il me faut arrêter là la description passionnée de cette si belle musique de Noël, on y passerait en revue trop de superlatifs.

Les chœur et orchestre de Dresde sont sous la direction de Peter Kopp pour cette édition Berlin Classics que l’on peut trouver facilement sur internet à prix intéressant. Enfin une magnifique, étonnante et profonde alternative aux sempiternelles Christmas Carols que l’on entend sans cesse dans le bruit marchand du Noël qui n’est plus assez chrétien.